JAVA
HISTOIRE DE JAVA
L’île de Java (Jawa en indonésien, Djawa jusqu’à la réforme orthographique de 1972) fait partie de la République d’Indonésie.
Son nom viendrait du sanscrit Javadvipa, « l’île du millet ». C’est sous ce nom que l’île est en effet désignée dans l’épopée indienne du Ramayana (écrite entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle après J. C.).
Les ancêtres Austronésiens des Javanais ont quitté les plaines alluviales du littoral de la Chine du Sud vers 3000 avant J. C. À cette époque, ils pratiquaient déjà la culture du millet.
Ce n’est que plus tard que la culture du riz aurait été introduite à Java. L’ethnologue Louis Berthe attribue le développement des royaumes centralisés de Java au VIIIe siècle au développement de la riziculture irriguée. À ce jour, l´archéologie n´a encore rien pu démontrer concernant le passage du millet au riz à Java, et en Indonésie en général.
L’île s’étire d’est en ouest sur plus de 1000 km, pour une superficie de 138 800 km² avec l’île voisine de Madura et d’autres petites îles. Son climat est équatorial.
La capitale de l’Indonésie, Jakarta, est située sur la côte nord de Java, dans sa partie ouest.
Surabaya (2e ville d’Indonésie), Bandung (3e ville, siège de la conférence de Bandung en 1955) et Semarang (5e) se trouvent également sur l’île de Java. Surabaya et Semarang aussi sont situées sur la côte nord.
Trois villes javanaises sont encore le siège de cours royales et princières : Cirebon dans l’ouest, Surakarta (encore appelée Solo) et Yogyakarta dans le centre.
Java est l’île la plus peuplée de l’Indonésie et compte près de 60 % de la population totale du pays. Avec une surface de 138 800 km² en incluant l’île voisine de Madura, Java compte 127 millions d’habitants, soit une densité de population de l’ordre de 962 habitants/km².
Pour décrire la culture traditionnelle à Java, il faut distinguer différentes dimensions.
Il y a d’abord le découpage “ethnique” : les Sundanais de l’ouest de Java, les Betawi de Jakarta et les Madurais de l’île voisine affirment une identité distincte, fondée notamment sur la langue. Mais dans l’ouest de l’île Banten de langue sundanaise, et Cirebon où l’on parle un dialecte javanais, ainsi que Java Est également de langue javanaise, revendiquent aussi une culture distincte. En outre, il faut distinguer la culture du Pasisir (la côte nord de Java) de celle de l’intérieur représentée surtout par les anciennes capitales royales que sont Surakarta et Yogyakarta. Enfin, les régions “intermédiaires”, comme le pays de Banyumas, qui marque la transition entre le pays Sunda et Java, ou la région de Banyuwangi, héritière de l’ancienne principauté hindouiste de Blambangan et longtemps sous influence balinaise, ont leur caractère propre.
RELIGIONS ET CROYANCES
La majorité des Javanais au sens ethnique sont vraisemblablement musulmans, mais il n’existe aucune statistique sérieuse sur cette question. Les autres groupes ethniques de Java : Betawi (Jakartanais « autochtones »), Madurais et Sundanais, sont traditionnellement à majorité musulmane. Il existe encore quelques enclaves d’hindouisme à Java : dans la région de Banyuwangi, où vit une population appelée Osing, dans le massif montagneux du Tengger autour du volcan Bromo, et sur le flanc ouest du volcan Lawu à l’est de Solo. Parmi les Javanais « de souche », le bouddhisme est marginal. Les Indonésiens d’origine chinoise sont généralement confucianistes ou chrétiens.
On ne connaît pas encore très bien les circonstances qui ont amené à l’introduction de concepts et de modèles culturels et religieux indiens à Java. On peut seulement constater leur présence au moins dès 450 après Jésus-Christ, par une inscription en sanscrit et en écriture pallava trouvée à l’est de Jakarta. Les derniers princes hindouistes de Java se sont convertis à l’islam en 1770. Sur la côte sud de Java, dans le village de Balekambang, se trouve, à 100 mètres de la plage, un îlot sur lequel on a construit un petit temple hindouiste, sur le modèle de Tanah Lot à Bali.
Il y a eu un royaume bouddhiste dans le centre de Java, qui a construit le temple de Borobudur. Il coexistait avec le royaume shivaite de Mataram qui a construit Prambanan.
Il est impossible de dater l’arrivée de l’islam à Java. Dans un mausolée à Leran près de Surabaya, il y a une stèle musulmane datée de 1082. Sur le site de la capitale du royaume de Majapahit, au sud-ouest de Surabaya, on trouve une série de tombes musulmanes dont la plus ancienne est datée de 1376 et est peut-être celle d’un membre de la famille royale. L’essor de la route de la soie maritime, contrôlée par des marchands musulmans, qui passait par l’archipel indonésien, amène ces marchands musulmans à jeter l’ancre dans les ports de la côte nord de Java. Les princes de ces ports trouvaient avantage à se convertir à l’islam, ce qui leur permettait d’entrer dans ce réseau marchand. Tomé Pires, un apothicaire de Lisbonne qui séjourne à Malacca de 1512 à 1515 (soit juste après la prise de la cité par les Portugais), note que tous les rois de Sumatra sont musulmans mais que ce n’est pas le cas des populations.
Quand on parle de religion, il faut avoir à l’esprit que celle-ci est observée par les souverains et leur entourage immédiat. La population, notamment dans les campagnes, est imprégnée de croyances et pratique des rites antérieurs à l’arrivée du bouddhisme, de l’hindouisme et de l’islam. Dans le cas de l’islam, on voit qu’entre la date de 1082 pour la stèle de Leran et celle de 1770 pour la conversion du dernier prince hindouiste de Blambangan, sa diffusion est un long processus, d’autant plus qu’il y a toujours aujourd’hui à Java des populations restées hindouistes.
Ce sont les Hollandais qui introduisent le christianisme à Java, dans les villes où ils résident. La plus ancienne église de Java est la Gereja Sion à Jakarta, construite en 1695. Un métis, Coenrad Laurens Coolen, fonde en 1827 à Java Est un village chrétien en marge de la communauté chrétienne de Surabaya. En 1855, un Javanais du nom de Tulung Wulung se convertit au protestantisme et voyage à travers Java pour évangéliser, contre l’avis des missionnaires et des autorités hollandaises. Le cas le plus fameux est celui de Sadrach, un Javanais disciple de Tulung Wulung qui prend la tête d’une communauté chrétienne en 1876. Ces Javanais diffusent un christianisme lié au défrichement dans une Java encore couverte de forêts.
Enfin, il existe encore une synagogue à Surabaya, autour de laquelle se trouve une minuscule communauté juive d’origine irakienne.

